POP CULTURE Expo : Walking on a Dream de Julien « Seth » Malland

Expo : Walking on a Dream de Julien « Seth » Malland

Commentaires (0) POP CULTURE Olivier Pineda

Walking on a Dream, c’est la nouvelle exposition de l’artiste Julien « Seth » Malland qui se tient à la galerie Itinerrance (7 bis rue René Goscinny, Paris 13e) jusqu’au 25 Avril prochain. A cette occasion, Seth a accepté de nous ouvrir les portes de la galerie et de nous accorder une interview exclusive.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, retour sur le parcours de cet artiste émergent, des rêves pleins la tête mais les pieds toujours sur terre.

Du graffeur au street artist

Julien Malland a commencé dans les années 90 dans le mouvement graffiti à Paris où il se spécialise dans la réalisation de personnages. Diplômé en 2000 des Arts déco, il publie son premier livre, Kapital, qui connaitra le plus gros succès littéraire sur le graffiti français.

En 2003 il parcours le monde avec l’intention de partager des expériences artistiques avec des street artistes issus de cultures différentes. C’est là qu’il commencera à représenter des personnages, souvent enfantins, se fondant dans les décors et se mêlant à la culture locale.

C’est suite à ce voyage qu’il publiera en 2007 son premier carnet de voyages Globe-Painter (prix spécial du jury au festival du carnet de voyage de Clermont-ferrand 2007) mêlant textes, croquis et photographie de ses expériences.

Et c’est sous la forme de documentaires pour Canal+ avec la série « Les Nouveaux Explorateurs » qu’il continuera à parcourir la planète à la recherche d’artistes, cultures et modes d’expression.

Ce nouveau tour du monde lui permettra, en 2012, de publie « Extramuros » retraçant son voyage en Inde, Chine, Indonésie, Vietnam, Sénégal et Palestine. Prochainement, paraîtra un nouvel ouvrage avec six autres pays.

Walking on a Dream

Walking on a Dream, n’est pas la première exposition de Seth. Le style a encore muri et s’est bonifié avec le temps. Les enfants sont bien évidement toujours presents, certains ont même grandi et sont devenus des ados.

L’expo commence avec une première pièce habillée de grandes toiles extrêmement colorées avec des personnages se mêlant et s’entremêlant, réalisées à l’acrylique et à la bombe aérosol. Puis, pour nous rappeler que son terrain de jeu préféré est la rue, un véritable mur de brique monté, cassé et peint pour l’occasion sert de séparation avec une seconde pièce plus sombre, à l’ambiance tamisée nous plongeant au coeur du sujet, le rêve.

Julien "Seth" Malland

Bonjour Julien, tout d’abord merci d’avoir de nous recevoir. Nous sommes ici pour parler de ta nouvelle expo à la galerie Itinerrance dans le 13e qui s’intitule Walking on a Dream.  Après avoir fait le tour, on remarque que les enfants sont encore très omniprésents…

L’idée était de faire en sorte que les gens retrouvent leur âme d’enfant, leur imagination. C’est pour cette raison que j’ai choisi cette figure. Cependant, ils commencent à grandir, quelqu’uns sont plus « adultes », c’est quelque chose que j’ai beaucoup utilisé dans la rue quand je peins des murs et je voulais les réutiliser ici sur des toiles.

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Tu es un artiste qui voyage beaucoup, est-ce que tes peintures sont pour toi une manière d’exprimer ce que tu ressens quand tu es dans le pays ? Quelle est la signification donnes-tu à tes oeuvres ?

Je tente à chaque fois de m’inspirer du lieu et de l’endroit où je peins, de trouver des endroits où il y a une histoire ou quelque chose d’assez emblématique, et ensuite j’interprète à ma manière et j’essaie de trouver des contrastes entre les personnages que je vais faire et les lieux dans lesquels je vais peindre. Ce qui est important pour moi, c’est que les habitants du lieu puissent comprendre assez rapidement ce que je peins et s’identifier au personnage en donnant leur propre signification à ce que je dessine.

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Comment cela se passe ? Tu sais ce que tu vas faire ou est-ce que tu t’inspires sur place pour réaliser ces oeuvres ?

Quand je peins des grands murs en général je prévois ça à l’avance, j’essaie de savoir à peu près ce que je vais faire, mais il arrive souvent que ce soit sur place que je trouve l’idée. J’ai des carnets de croquis, je dessine sur place pendant un ou deux jours, et après en fonction de ça je peins le mur.

Pour en revenir aux enfants, quand on regarde tes ouvres on s’aperçoit qu’ils ont souvent leur visage caché, qu’ils tentent de regarder ce qu’il se passe derrière, est ce que tu peux nous en dire un petit peu plus…

Cela permet aux gens qui vont regarder les toiles de s’identifier aux personnages, de s’imaginer ce qu’il y a derrière ou ce qu’ils sont en train de regarder. C’est quelque chose qui me plait bien. Et c’est cette sorte d’absence / présence des personnages, ils sont là, ils sont présents et en même temps ils sont ailleurs, dans un autre endroits. Et je crois que c’est aussi pour moi un moyen d’essayer de pousser les gens qui regardent les toiles à regarder différemment, d’essayer de voir le monde au delà des apparences.

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Pour en revenir à toi, je sais que tu as travaillé il y a quelques année dans la publicité, est ce que c’est quelque chose qui te sert dans tes toiles ?

Un peu oui. Ce qu’il me reste des années ou j’ai travaillé dans la pub, c’est d’essayer d’avoir un message clair, une idée forte, même s’il peut y avoir plusieurs messages car c’est ça aussi que j’aime bien, c’est qu’il y ait plusieurs portes d’entrée aux personnages que je fais. Quand je peins certain mur ou quand je peins dans certains endroits c’est que ce soit lier à cet endroit, trouver l’idée qui lie mes personnages à cet endroit. Pour avoir un impact visuel le plus fort possible.

On sait que d’en d’autres pays le street art est très développé, on fait beaucoup appel à des artistes pour peindre des murs, on a le sentiment qu’en France c’est un peu plus compliqué, comment tu ressens ça toi ?

Je trouve que c’est en train de changer en ce moment, j’ai l’impression qu’il y a pas mal de choses qui se font. Je suis souvent invité à faire des murs ici. J’ai récemment fait un mur dans le 13e, à Paris c’est le quartier qui bouge le plus en matière de street art. Il y a beaucoup d’étranger qui sont venus pour peindre ici. Les mentalités changent, il y a un réel engouement à chaque fois qu’il y a un événement ou qu’il se passe quelque chose. Il y’a de plus en plus de gens qui viennent et que ça intéresse. Alors, oui, ça a peut-être mis un peu plus de temps parce que l’on est un pays un peu conservateur mais les choses sont vraiment en train de bouger en ce moment.

Julien "Seth" Malland

Et pour finir, c’est quoi ton souvenir le plus marquant de toutes ses années à voyager ?

C’est une question que l’on me pose souvent et c’est très dur pour moi de répondre parce que des souvenirs j’en ai énormément et des vraiment différents. Ça peut être des murs sur lesquels j’ai peins des murs emblématiques comme le mur en Israel ou le mur à la frontière entre les Etats-unis et le Mexique, mais ça peut être aussi des rencontres avec des artistes qui m’ont beaucoup marqué, ou encore des rencontres avec des habitants dans un quartier.

Et ton prochain voyage ?

Là, je repars en chine où je dois aller peindre dans les quartiers populaires de Shanghai.

Merci beaucoup julien de nous avoir accordé un peu de temps. Et bon voyage alors.

Merci à vous.

Walking on a Dream

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Chine 2010

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Cambodge 2012

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Cambodge 2013

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Porto Rico 2014

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Pour en savoir plus sur Seth, vous pouvez le suivre sur Facebook ou sur Instagram, et sur l’exposition il y a le site de la galerie et la page Facebook.

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